Résumé
Partant de la transformation de la Colombie en premier pays d’accueil des migrants vénézuéliens au monde, cet article analyse l’évolution du droit administratif sanctionnateur en matière migratoire. La première partie soutient que le désintérêt historique de la doctrine juridique colombienne pour la migration s’inscrit dans une relation ancienne entre le droit administratif et la population étrangère, marquée par la logique de la science de la police et par le paradigme civilisation/barbarie qui a traversé la période coloniale, la Regeneración et une grande partie du XXe siècle. La seconde partie examine le régime de sanctions en vigueur et le processus de constitutionnalisation impulsé par la Cour constitutionnelle. L’article conclut que le large pouvoir discrétionnaire avec lequel opère aujourd’hui Migración Colombia est, dans une large mesure, l’héritage de cette logique historique et que, malgré les avancées jurisprudentielles, subsiste un écart structurel entre le mandat constitutionnel et la pratique institutionnelle, dans lequel l’action de tutela est devenue le recours ordinaire de protection de droits qui devraient être garantis dès l’ouverture de la procédure administrative.
